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L'oeil d'une blonde

L'oeil d'une blonde

Un blog journalistique écrit par une jeune femme blonde sur l'actualité en Bretagne dans un premier temps.


" Macron t'es foutu, les fainéants sont dans la rue ".

Publié par L'oeil d'une blonde sur 12 Septembre 2017, 20:35pm

Catégories : #loi travail

Aujourd'hui, mardi 12 septembre 2017, les syndicats CGT et Solidaires appelaient à manifester contre la réforme du travail à Roazhon. Nous nous sommes rendus sur place.

Manifestation contre la réforme de la loi travail, Roazhon, Breizh. Photo de l'Oeil d'une Blonde.

Manifestation contre la réforme de la loi travail, Roazhon, Breizh. Photo de l'Oeil d'une Blonde.

Nous sommes le mardi 12 septembre Esplanade Charles de Gaulle à Roazhon. Alors que le ciel pleurait depuis des jours sur notre belle Bretagne, le soleil a lui aussi décidé de pointer le bout de son nez à cette première manifestation de la saison.

Le souvenir de la loi El Khomri, adoptée par l'Assemblée Nationale le 21 juin 2017 par le biais de l'article 49-3, est encore douloureux et bien présent dans les esprits. Mais pas le temps de digérer la défaite, Emmanuel Macron est un homme pressé et nous le prouve en attaquant le Code du Travail à coups d'ordonnances. Celles-ci ont été présentées le 31 août dernier par Edouard Philippe, Premier Ministre, et Muriel Pénicaud, Ministre du Travail.

Vous pensiez que le macronisme serait une nouvelle ère politique de paix, centriste et prospère? Erreur!

 

L'épidémie du diviser pour mieux régner.

 

Il est 11h dans la capitale administrative bretonne quand les "fainéants, les cyniques et les extrémistes" arrivent petit à petit mais en nombre. Ne me jetez pas la pierre, je ne fais que rapporter les propos d'Emmanuel Macron, élu par les citoyens français Président de la République en mai dernier. C'était dans son discours du 8 septembre en Grèce, premier pays à avoir mis en place une démocratie. Oui, oui, notre monarque version 21ème siècle semble aimer l'ironie...

En vérité, nous retrouvons une grande partie des syndicats avec la CGT, Sud, FSU ou encore FO. La présence de ces derniers est grandement saluée par leur représentant départemental. En effet, le secrétaire national de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, avait annoncé que le syndicat avait "pris la décision à l'unanimité de ne pas participer" à la journée d'action du 12 septembre lancée par la CGT et Solidaires. Nous sommes désolés, ou pas, de le décevoir mais Force Ouvrière était bien présente pour demander le retrait des ordonnances Macron. "Nous vous croyons couchés, vous êtes debout!", s'exclame Fabrice Lerestif, secrétaire général de l'Union Départementale FO 35.

Mais ceux et celles dont l'arrivée fait le plus de bruit, ce sont les étudiants de l'Université Rennes 2 et la Fédération Anarchiste. Fumigènes, banderoles et individus apparaissant soudés sonnent comme une réponse aux menaces de la préfecture. "On a qualifié les jeunes de perturbateurs parce qu'ils souhaitaient déclarer leur départ de cortège de la FAC pour nous rejoindre", dénonce le représentant syndical de Solidaire. Une opinion que semble partager la CGT puisqu'après avoir laissé passer les étudiants en tête de file, nous constaterons un ralentissement régulier de la sécurité du syndicat éloignant les travailleurs de la nouvelle génération tout le long du trajet. Autant vous dire qu'on n'a pas gagné la guerre...

 

 

La sécurité du syndicat CGT en train d'influencer les manifestants à ralentir, créant un fossé entre étudiants et travailleurs. Photo de l'Oeil d'une Blonde.

La sécurité du syndicat CGT en train d'influencer les manifestants à ralentir, créant un fossé entre étudiants et travailleurs. Photo de l'Oeil d'une Blonde.

" C'est la loi El Khomri puissance 10 ".

 

Désormais au nombre de 8000 personnes, les manifestants commencent à défiler à 11h52. Petite dédicace aux cheminots présents, vous l'aurez compris. Mais cette réforme de la loi travail provoque également la colère du personnel hospitalier, des aides à domicile, des techniciens Veolia ou encore des travailleurs dans les mines et énergies.

Pourquoi? Principalement à cause de 4 grands points. Le premier est que les modalités des CDD seront déterminées non plus par la loi mais par accord de branche. Un terme qui désigne un texte contractuel conclu par les représentants des salariés et des employeurs pour des entreprises d'un même secteur d'activité. En gros, la loi n'aura plus son mot à dire sur des éléments tels que la durée des CDD, le nombre de renouvellement ou encore le délai de carence. L'ignorance de Myriam El Khomri lorsqu'elle a du répondre à la question de Jean-Jacques Bourdin sur le nombre de fois possible pour renouveler un CDD, aurait du nous mettre la puce à l'oreille... On risque d'accentuer la précarité des contrats de travail dans un monde où le pouvoir est majoritairement détenu par les multinationales. Entreprises qu'on sait sans scrupules par habitude et dans la plupart des cas.

Le deuxième point est la mise en place d'un contrat de projet, ou CDI de projet, déjà connu dans le secteur du bâtiment. C'est un antonyme puisque la durée de ce contrat est associée à celle d'un chantier spécifique. On vous embauchera, par exemple, sur une étude de marché. Vous aurez l'assurance de travailler jusqu'à la fin de l'étude de marché mais sans savoir exactement quelle en sera sa durée exacte. Lorsque l'étude sera terminée, l'entreprise pourra vous affecter sur une autre. Mais si elle n'en a pas la possibilité, c'est le licenciement sans prime de précarité. Vous l'auriez eu si vous aviez été en CDD. Pour les syndicats c'est la "mort du CDI". D'autant plus qu'il n'est pas indiqué dans quelles branches les employeurs pourront utiliser ce contrat.

Troisième mesure de cette réforme de la loi travail: la fusion des instances représentatives du personnel. Les entreprises de plus de 50 salariés ne seront plus dans l'obligation d'avoir un comité d'entreprise, un comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et des délégués du personnel. Désormais, seule une instance nommée "comité social et économique" (CSE) devra être créée. D'après Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, certaines entreprises préfèreraient ne pas embaucher aujourd'hui plutôt que de dépasser un seuil qui impose la création d'instances. Soit mais ceci implique-t-il la réduction du nombre de représentants salariés? Pas de réponses, bien évidemment...

Enfin, dernière grande inquiétude pour les opposants à ces cinq ordonnances, l'annonce d'un plafonnement des indemnités prud'homales. Déjà proposée par Emmanuel Macron, alors Ministre de l'Economie en 2015, cette proposition avait été rejetée par le Conseil Constitutionnel. Les sommes versées n'étant pas les mêmes en fonction de la taille de l'entreprise, les gardiens de la Constitution de la Vème République l'avaient jugée inégalitaire pour les citoyens devant la loi. Nous ignorons si notre cher Emmanuel a des racines bretonnes mais faut croire qu'il est horriblement têtu. Aujourd'hui, il propose que, lors d'un licenciement abusif, les indemnités soient plafonnées à 3 mois de salaire jusqu'à deux ans d'ancienneté. Elles augmenteraient jusqu'à un maximum de 20 mois de salaire à partir de 30 ans d'ancienneté. Bien sur, en cas d'harcèlement ou de discrimination, le plafonnement n'existera pas. Faut pas déconner quand même! Et entre les deux ans et 30 ans d'ancienneté? Suspense...

Après une manifestation officielle sans heurts avec les forces de l'ordre, soulignons le, les syndicats ont annoncé une nouvelle manifestation le 21 septembre prochain.

 

L'œil d'une blonde.

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