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L'oeil d'une blonde

L'oeil d'une blonde

Un blog journalistique écrit par une jeune femme blonde sur l'actualité en Bretagne dans un premier temps.


Sauvons notre sable!

Publié par L'oeil d'une blonde sur 14 Août 2017, 18:03pm

Catégories : #extraction de sable

On vous a déjà informé sur les différents permis miniers accordé par Emmanuel Macron en Centre-Bretagne. Malheureusement, ce n'est pas la seule décision politique de l'ancien ministre de l'économie et nouveau Président de la République Française qui menace l'environnement sur les terres bretonnes.

Le rassemblement contre l'extraction de sable à Trebeurden vu d'en haut. (©Trégor Drone)

Le rassemblement contre l'extraction de sable à Trebeurden vu d'en haut. (©Trégor Drone)

Cette fois-ci c'est en Baie de Lannion que le super-héros du libéralisme a sévit le 14 septembre 2015. Date à laquelle il a accordé le droit d'extraire 250 000 mètres cubes de sable coquillier par an sur une période de 15 ans à la société nommée Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN). Filiale du groupe Roullier, nous constatons que les faveurs de M. Macron vont une nouvelle fois à une multinationale. Même si celle-ci est bretonne, elle est tout de même détenue par la 29ème fortune de France.

Mais pourquoi un tel projet? La raison principale avancée est que le sable de la dune sous-marine située à la pointe de Lannion est une alternative au maërl. Cette algue calcaire qu'on retrouve le long des côtes sert à réduire l'acidité des terres agricoles. Seulement voila, les directives européennes ont interdit son extraction en 2013. Les bans de ce végétal étant de moins en moins nombreux.

Alors pourquoi les agriculteurs bretons ne montrent-ils aucun intérêt pour cette idée d'extraction de sable?

 

Quand la planète est en danger mais qu'on projette de la détruire.

 

Dimanche dernier, 13 août, ce sont au moins 3000 personnes qui se sont réunies pour demander l'abrogation du projet à Trebeurden. "Le moindre sera trop pour la biodiversité", avertit un membre du Collectif Le Peuple des Dunes.

La dune sur laquelle est envisagée l'extraction de sable est en effet située à moins d'un km de deux zones classées Natura 2000. La première est le site de la Côte de Granit Rose-Sept Iles. Elle est définie comme Zone de Protection Spéciale pour la préservation des oiseaux (ZPS) et comme Zone Spéciale de Conservation pour la préservation des habitats naturels (ZSC). On peut y admirer des espèces animales et végétales rares à l'échelle de l'Europe. Notamment la colonie de phoques gris des Sept Iles.

La deuxième zone est le site de la Baie de Morlaix où ostréiculteurs et marins pêcheurs font de cette nature la source de leur activité. La diversité des fonds marins qui s'y trouve abrite des milieux essentiels pour le fonctionnement de l'écosystème de la baie.

De plus, d'après les pêcheurs professionnels, la Baie de Lannion est le principal habitat des lançons en Bretagne. Modifier leur lieu de reproduction et de vie est dangereux à plusieurs titres:

- pour la faune tels que les macareux et les cormorans qui se nourrissent de cette espèce marine.

- pour la pêche puisque le lançon est la base alimentaire de poissons comme le bar ou encore le lieu jaune.

- pour le tourisme et le nautisme qui seraient desservis par une activité industrielle à quelques kilomètres des côtes qui fonctionnera 24h sur 24h. Elle créera une pollution lumineuse et sonore capable de dérouter pas seulement des oiseaux migrateurs.

Des manifestants dont certains sont déguisés en macareux. (©L'oeil d'une blonde)

Des manifestants dont certains sont déguisés en macareux. (©L'oeil d'une blonde)

Des élus et citoyens main dans la main.

 

"Non, non, non à l'extraction de sable", chantent les manifestants en brandissant un tract au dessus de leur tête. Placée de façon à former un SOS vu du ciel, la foule est composée de citoyens, de touristes et d'élus.

Même si l'arrêté préfectoral d'exploitation est temporairement suspendu, les opposants au projet restent mobilisés dans l'attente d'une réunion prévue à l'Elysée le 30 août. Le Sénateur des Côtes d'Armor Yannick Botrel, entre autre, doit y rencontrer le conseiller à l'industrie du Ministre de l'industrie et des finances.

"Je pense qu'on aura gain de cause", nous confie la Sénatrice Christine Prunaud. "Un décret peut tout à fait être abrogé. Cela ne nécessite pas de réunir les parlementaires". Elle ajoute et insiste sur le fait que ce sont les citoyens et associations qui doivent être félicités pour le travail effectué. "Je vous présente Florence, membre d'une association et élue locale. C'est elle qui m'a alerté de la situation. Elle est mon relais sur le terrain".

Reste à attendre la décision de Bruno Le Maire qui devra trancher.

 

L'oeil d'une blonde.

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