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L'oeil d'une blonde

L'oeil d'une blonde

Un blog journalistique écrit par une jeune femme blonde sur l'actualité en Bretagne dans un premier temps.


Yann Kez demande l'avis des bretons.

Publié par L'oeil d'une blonde sur 13 Octobre 2016, 08:21am

Catégories : #parlementdebretagne

Les élections nationales bretonnes pour le réveil du Parlement arrivent à grands pas. Mais c'est à moto que le premier candidat dont je vais tirer le portrait arrive...

Yann KezLunettes rectangulaires, chevelu barbu et souriant, Yann Kez est un homme célibataire âgé de 52 ans. Papa d'un adolescent de 18 ans, il est originaire de Pleudihen sur Rance (22) et habite aujourd'hui à Gaël (35). Dans sa profession de fois il indique être "dessinateur industriel de formation" et avoir également travaillé "dans le secteur des radios locales". Passionné d'informatique, Yann Kez sait aussi bien assembler et dépanner des PC que concevoir des sites web. Une compétence qui pourrait bien lui servir s'il est élu le 27 novembre 2016.
 
"Ça ne se fera pas en un coup de baguette magique".
 
Notre entrevue commence autour d'un thé caramel, la cigarette au bec. Je propose au candidat de s'asseoir mais il me confie préférer rester debout étant "resté assis trop longtemps". Il semble détendu. Un comportement qui pourrait étonner un homme d'Etat français qui aurait lu les raisons qui le poussent à s'investir dans le Parlement de Breizh. "Les élections [françaises ne sont] que chaises musicales. (...) Tirer un trait [sur] une histoire [bretonne] de plusieurs millénaires, une culture d'au moins autant, [c'est] simplement rentrer dans un pseudo moule de la bienséance colporté par des...pantins", écrit le breton dans sa profession de foi.
Conscient que ce Parlement ne résoudra pas tout, Yann Kez pense "[qu']il y a (...) urgence à construire quelque chose de nouveau et de sûr pour notre génération et les suivantes". Une vision d'avenir qu'il souhaite partager avec le peuple breton, notamment en définissant la nationalité et la citoyenneté (1) bretonnes qui peuvent être deux choses différentes. Dans ce cadre, le militant breton a particulièrement apprécié une rencontre avec de jeunes étudiants rennais qui ont monté une association sur le sujet. Des travaux qui pourraient être mis à disposition des futurs parlementaires.
"Etre breton ne se résume pas à avoir un autocollant BZH sur son véhicule", affirme le candidat. Il me confie en avoir marre des racialistes qui disent, par exemple, qu'on n'est pas breton lorsqu'on a la peau noire. Sûrement une allusion aux propos du site internet Breizh Atao, journal-web revendiquant l'Etat national breton, à l'encontre du couple de sonneurs noirs Yannick Martin et Tangi Josset. Yann Kez ajoute "[qu']il faut casser cette idée de n'est breton que celui qui est né breton". En effet, il est évident qu'à l'heure actuelle on le devient plus qu'on ne l'est. C'est un fait qu'on peut d'ailleurs constaté avec la Diaspora armoricaine. Etre expatrié renforce clairement l'identité bretonne et l'association KAD l'a bien compris puisqu'elle a ouvert l'inscription aux listes électorales à cette partie de la population. "Beaucoup de bretons [nés sur le territoire] feraient bien d'habiter à l'étranger pour se rendre compte qu'ils sont bretons", me déclare Yann Kez.
 
Des pistes pour une constitution.
 
La première tâche du Parlement de Breizh sera d'écrire une constitution pour la Bretagne. Le candidat souhaiterait s'inspirer du système fédéral suisse. Un modèle de démocratie participative où les suisses sont régulièrement consultés par référendum. S'il est élu, Yann Kez proposera une première votation sur le fonctionnement interne de la chambre parlementaire mais aussi sur d'autres sujets. "Quand on demande aux bretons leur avis, ils le donnent", affirme-t-il. Les bretons pourraient aussi avoir l'occasion de mettre un sujet sur la table et le Parlement travaillerait dessus par la suite. Si le résultat ne convient pas aux électeurs, le dossier est revu. "La parole des parlementaires n'est pas finale". La diaspora pourra bien entendu participer à cette vie politique via des solutions électroniques, informatiques et avec un système sécurisé.
Le découpage territorial est également un dossier important auquel Yann Kez a réfléchi. Le système français établi actuellement en Bretagne permet l'existence de communes, communautés de communes, agglomérations, cantons/arrondissements, départements et régions. Les personnes qui travaillent au sein de ces structures se penchent sur "exactement les mêmes dossiers dans leur coin". Une perte de temps et d'énergie humaine que le gaëlite aimerait supprimer. "Le CELIB (2) avait pensé la Bretagne en 15 pays représentant des bassins de vie, qui seraient beaucoup plus équilibrés aujourd'hui par rapport aux pays historiques", nous informe Yann. Une chambre par pays serait alors créée. Chacune travaillera avec les autres à la manière "horizontale et non verticale". Il maintiendrait uniquement les communes en plus et ces dernières pourront se référer à la chambre de leur pays en cas de besoin. "Le Parlement ne sera là que pour fixer le cadre légal".
 
Un travail complémentaire de l'ANH et Christian Troadec.
 
Suite à un conflit opposant les présidents de KAD, Jean-Loup Le Cuff, et celui de l'Association des Nations de l'Hexagone (3), Stéphane Domagala, je me demande si les deux entités travailleront ensemble. L'ANH ayant déjà de nombreux liens avec la Savoie et la Corse, Yann Kez me répond après quelques secondes de réflexion: " ça dépend de la conviction des gens qui sont à l'ANH. S'ils œuvrent bien pour la place qu'ils occupent. Dans le cas contraire, ce sera non. Le Parlement n'a pas pour vocation d'alimenter des égos démesurés d'où qu'ils viennent". La représentation de la Bretagne auprès des autres entités minoritaires pourrait donc être un sujet de réconciliation ou de discorde chez les bretons connus pour leurs guerres de clochers.
Mon entrevue avec le candidat aux élections nationales bretonnes se termine après une heure trente d'entretien. Mais avant de le laisser à ses affaires, je lui pose une dernière question à laquelle tous les futurs potentiels élus devront répondre. Que  pense-t-il de la candidature de Christian Troadec aux élections présidentielles françaises: "c'est une démarche complémentaire de celle de KAD", déclare le breton. "Certains sont politiciens de métier, ou dans l'âme, et choisissent de défendre la Breizh avec des outils français. Pourquoi pas. Pour ma part, si ça fonctionnait, on le saurait déjà".
 
L’œil d'une blonde.
 
1. La nationalité est le lien d'appartenance juridique à une nation déterminée, que ce soit pour une personne physique ou pour une personne morale (entreprises, associations, navires...etc).
La citoyenneté est le statut juridique qui permet à un individu de devenir citoyen. La citoyenneté donne accès à l'ensemble des droits politiques, tout en créant des devoirs, permettant de participer à la vie civique d'une société ou d'un communauté politique, par opposition au fait d'être simple résident.
 
2. Le CELIB (comité d'étude et de liaison des intérêts bretons) est un lobby créé le 22 juillet 1950. Son but est de promouvoir le développement économique et l'identité de la Bretagne à cinq départements.
 
3. L'Association des Nations de l'Hexagone (ANH) a été créée en janvier 2015 dans le but de faire reconnaître les différentes minorités nationales présentes sur le territoire de l'hexagone.

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Gaëtan 13/10/2016 16:51

Des idées et un sens de l'intérêt commun, profondeur de réflexion et réalisme, on se dit que nous avons les moyens en Bretagne de créer une expérience assez unique. Avec des candidats comme Yann Kez, on se dit que le pari de KAD pourrait bien devenir un essai transformé.

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